P. Jacques Hamel

Vous connaissez l’expression : « le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit ». Depuis cet été, les médias font beaucoup de bruit sur le mal commis par des membres de l’Eglise. De fait, il est bon de dénoncer le mal pour le guérir. Mais le problème est que le mal nous fascine, nous ne voyons plus que lui et nous oublions tout le bien qui est fait et dont on ne parle jamais.

Alors cette semaine je vous propose d’admirer de nouveau la beauté du sacerdoce. C’est important aussi bien pour nous prêtres, qui pouvons être parfois fatigués par le quotidien de notre ministère, que pour vous fidèles, surtout en ce moment. Qu’y a-t-il de plus beau que de pouvoir donner aux âmes le Corps et le Sang de Jésus chaque jour? de donner le pardon du Seigneur? de transmettre l’Evangile? de conduire les personnes confiées à Dieu?

Jacques Hamel

La figure du P. Jacques Hamel peut nous aider à nous émerveiller devant la beauté de ce quotidien du sacerdoce. Vous vous souvenez : il y a 2 ans, le 26 juillet 2016, ce prêtre est assassiné par des musulmans fanatiques alors qu’il vient de terminer une humble messe de semaine devant 5 paroissiens. Le P. Jacques n’avait rien fait d’extraordinaire. Il n’était pas une « figure » du diocèse : on ne s’arrachait pas ses homélies sur internet (il n’avait pas d’ordinateur) ou dans les magasines catho’, il n’était pas professeur de théologie, il n’a pas lancé des initiatives pastorales qui ont déplacé les foules, il n’a pas eu de responsabilité particulière dans son diocèse, ses liturgies étaient quelconques… Cependant, il a vécu, comme des milliers de prêtres dont on ne parle jamais, un humble sacerdoce tout ordinaire, avec son caractère timide et parfois bougon. Dans un livre qui vient de paraître (A. Isnard, P. Jacques Hamel, Artège 2018), on souligne simplement qu’il célébrait l’Eucharistie avec intensité, qu’il travaillait ses homélies, qu’il vivait dans une certaine pauvreté, qu’il prenait du temps pour les personnes, qu’il célébrait encore fidèlement à 85 ans beaucoup de baptêmes, mariages, obsèques, confessions, messes. Il a tout simplement donné Jésus, avec sa pauvre humanité, à ceux qui lui étaient confiés : voilà l’humble beauté d’un sacerdoce fidèle et ordinaire.

8 septembre

Samedi nous fêterons la Nativité de la Vierge Marie. Celle qui va dire OUI !
Marie, Cause de notre Joie, nous remettons tout entre tes mains ! Conduis-nous, conduis les prêtres et les séminaristes !
Voici un extrait d’un beau texte du père Candiard, dominicain. Qu’il nous encourage à prier et être bienveillant et plein de charité envers ceux que le Seigneur a destinés à une vocation qui peut se révéler pleine d’embûches et de combats, afin qu’il trouvent le Bonheur : Dieu en eux.
« Accompagner une vocation ce n’est pas se demander ce que Dieu veut pour la personne; c’est l’aider à se demander ce qu’elle veut au fond d’elle-même, ce qu’elle veut réellement. Parce qu’en réalité c’est une seule et même chose.[..]. Je sais bien que nous nous méfions de nous-mêmes, et nous avons souvent raison de le faire. Alors méfiez-vous de vous-mêmes tant que vous voudrez mais faites confiance à Dieu. Il sait ce qu’il fait, lui. Il ne nous a pas créés distraitement, un peu trop vite, sans faire attention. Il faut faire confiance à l’acte créateur.
Discerner notre vocation, réaliser notre vocation, vivre une vie chrétienne, c’est apprendre à nous libérer de nos fantaisies, de nos envies du moment, de nos tocades, pour nous concentrer sur notre désir le plus vrai, celui qui nous constitue et nous fait avancer, celui qui nous appelle vers le bien. Celui auquel le Christ faisait allusion quand il nous a dit, à nous aussi : « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Que ta volonté soit faite Seigneur. Ta volonté, c’est-à-dire la mienne, c’est-à-dire celle que tu as placée en moi, et qui ne me laissera pas tranquille, tant qu’elle ne m’aura pas conduit à toi. »