Joie !

JOIE, JOIE, JOIE !
Nous pouvons enfin communier!
Enfin recevoir en nous Jésus !
Ne faire plus qu’un avec lui !
Recevoir son amour pour tout vivre par lui, avec lui et en lui! Cet amour qui est notre force et notre joie; qui est notre Vie.
Comment ne pas exulter comme la Vierge Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! »
Et pensons-nous à la joie de Jésus ? Car comme le dit ste Thérèse de Lisieux :
 » Ce n’est pas pour rester dans le ciboire d’or que Dieu descend chaque jour du Ciel, c’est afin de trouver un autre Ciel qui lui est infiniment plus cher que le premier, le Ciel de notre âme, faite à son image, le temple vivant de l’adorable Trinité !…  »

Jésus, envoie-nous ton Esprit pour que nous découvrions tous les jours un peu plus  les abîmes insondables de ta Miséricorde.
Fais grandir en l’âme des prêtres la joie de nous donner Jésus-Hostie, le désir de nous faire comprendre combien Jésus veut se donner réellement à nous avec son Corps et son Sang.

Ascension

Ce jeudi, nous fêtons l’Ascension de Jésus avec son corps et son âme au Ciel. Ainsi, en Dieu, une humanité est présente. Jésus nous « prépare une place » au sein de la Trinité, qui sera notre Paradis…
Mais Jésus ne part pas de la terre ! Il ne nous a pas abandonnés ! « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Comment est-il présent? Par l’Eucharistie.
Nous priver de l’Eucharistie, c’est nous priver de Jésus. C’est bien pour cela que l’interdiction des messes dans les églises avec fidèles est non seulement une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte, comme vient de le déclarer en France le Conseil d’Etat (https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/rassemblements-dans-les-lieux-de-culte-le-conseil-d-etat-ordonne-au-premier-ministre-de-prendre-des-mesures-moins-contraignantes), elle est surtout une grande souffrance spirituelle
Rien ne pourra remplacer la participation physique à la messe et la communion. Dans sa lettre du 8 mai, le Préfet de la congrégation pour le Culte divin, le cardinal Sarah, le rappelle avec force (https://www.hommenouveau.fr/3199/religion/exclu—covid-19-et-culte-chretien–br-une-lettre-du-cardinal-sarah.htm). C’est un texte à lire absolument dans le contexte actuel.
En particulier, je ne pense pas que regarder la messe à la télévision soit une bonne façon de « remplacer » la messe. La première cellule d’Eglise, c’est la famille, l’Eglise domestique. Une liturgie familiale où chacun est impliqué à sa manière, où les parents transmettent la foi à leurs enfants, ou encore un temps de prière comme le chapelet, ou encore mieux, un temps d’adoration prolongé devant le Tabernacle dans une église : voilà quelques pistes qui me paraissent bien plus fécondes.
Plusieurs personnes à la foi fervente m’ont partagé le sentiment d’être un peu abandonnées par les prêtres en cette période, ou au moins elles se sentaient désarçonnées par la faible insistance dans les homélies actuelles par exemple sur l’importance de l’Eucharistie. Quand on a cherché avant la crise à communier tous les jours ou presque, ça fait mal ! Je les comprends.
Je pense que dans cette crise, tout le monde est un peu perdu! Les fidèles qui ne savent plus très bien comment vivre leur foi, et les prêtres qui ne savent plus très bien comment vivre leur ministère. Insister sur l’Eucharistie alors que comme prêtres nous sommes les seuls à communier tous les jours, ce n’est pas facile… Et il y a de nombreuses peurs quant à l’exercice du ministère (distribution de la communion ou messes en petit comité)  : peur de contaminer les autres, peur de se contaminer soi-même surtout si on est âgé, peur de la délation, peur des refus, peur des jalousies… Il y a aussi la fatigue de devoir tout remettre en question à chaque changement de directive…
Bref, chacun fait comme il peut. Mais ce qui est sûr, c’est que dans la Bible, chaque crise, quel qu’en soit le motif, doit être vécue comme un appel à la conversion. Une crise est ainsi un lieu de discernement : vais-je mettre Dieu de côté, parce que mes peurs sont finalement les plus importantes pour moi, ou vais-je choisir Dieu, quel qu’en soit le prix?
Comme membres de la Mission Marie Mère des Prêtres, je pense que nous sommes tous convaincus de l’importance de l’Eucharistie. Alors prions, prenons du temps pour adorer Jésus-Eucharistie dans les Eglises, pour les prêtres et les fidèles qui sont un peu « perdus » et dont la pratique peut être ébranlée. Au-delà de tous les débats, notre mission est spirituelle. Dans pratiquement le monde entier, l’accès à l’Eucharistie est difficile ou impossible. Il y a forcément quelque chose là qui ne doit pas laisser indifférent et qui doit provoquer une réponse spirituelle d’adoration eucharistique, et même de communion autant que possible.

Faim et Soif?

Permettez-moi de vous partager ce qui fait ma plus grande tristesse ces jours-ci.
Figurez-vous que ce n’est même pas le maintien de l’interdiction des cultes publics après le 11 mai en France. Evidemment, c’est incompréhensible : le gouvernement va ouvrir les commerces jusqu’à 40 000 m2, c’est-à-dire plus de 8 fois la superficie de Notre-Dame de Paris, et en même temps il méprise les propositions concrètes et mesurées des évêques pour les célébrations des messes à effectifs réduits dans les meilleures conditions sanitaires (https://fr.aleteia.org/2020/04/21/messes-mariages-pelerinages-les-propositions-des-eveques-au-gouvernement-covid-19-deconfinement/). Le catholicisme étant la seule religion sacramentelle, nous sommes – et de loin – les plus impactés par cette décision. Les catholiques ont besoin de se réunir pour la messe et pour communier. Une confession ne peut pas non plus se faire à distance. Un Juif, lui, célèbre le sabbat à la maison : c’est une liturgie familiale. Le musulman fait un repas festif les soirs de ramadan, chez lui, pas à la mosquée. Un protestant prie à partir de la bible et du prêche du pasteur, la « cène » n’est qu’un symbole, d’ailleurs absent chez certains.
On hésitera pour interpréter cette interdiction des cultes, inédite depuis la révolution française, entre incapacité à prendre en compte la dimension religieuse de l’homme, et hostilité délibérée. Sans doute un peu des deux…
On pourra aussi écouter la réaction de Mgr Rougé, évêque de Nanterre : https://youtu.be/0daMdvaykeI
Non, ce qui me fait le plus mal comme prêtre, ma plus grande amertume, c’est de me rendre compte qu’en fait, beaucoup de catholiques pratiquants ne sont finalement pas tellement gênés par cette décision gouvernementale. Non pas au niveau de la vision politique : on peut en débattre, la question n’est pas là. Mais au niveau spirituel : ils n’ont pas faim et soif de communier. La peur, qui ne les empêche pourtant pas de faire leurs courses, a étouffé leur foi sacramentelle. Evidemment, une personne âgée et malade de 80 ans qui se fait livrer ses courses ne va pas retourner à la messe. Mais elle pourrait quand même recevoir la communion à domicile. Je parle ici de personnes « dans la force de l’âge », qui sortent tous les jours… Jésus est devenu la « 5e roue du carrosse » dont on peut finalement bien se passer. Une messe à la télévision, finalement, ce serait aussi bien…
Si j’ai donné ma vie comme prêtre, en particulier dans le célibat (et je vous renvoie au livre de Benoît XVI « Des profondeurs de nos coeurs »), c’est pour le Corps du Christ : pour Jésus, pour l’Eucharistie, pour l’Eglise rassemblée réellement, et non virtuellement.
Un nombre incalculable de martyrs, tout au long de l’histoire du christianisme et sur tous les continents, a versé son sang pour pouvoir communier. Grâce à Dieu, nous n’en sommes pas encore là en France aujourd’hui. Mais justement!!!! Quelle est la force de notre désir eucharistique? J’ai peur que, quand on pourra de nouveau célébrer la messe en public, nous n’ayons perdu plus de la moitié des fidèles…
Pour terminer, je cède la parole à Benoît XVI dans une homélie prononcée en 2005 où il parle des martyrs d’Abitène. Vous trouverez le texte ici : https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2005/documents/hf_ben-xvi_hom_20050529_bari.pdf. Alors que les messes étaient interdites sous peine de mort, ils se sont quand même réunis. Pourquoi? Leur réponse : « Sine dominico non possumus » : sans l’Eucharistie du dimanche, nous ne pouvons pas vivre.